Derrald Taylor

Sculptures en stéatite : le parcours de Derrald Taylor, un exemple de persévérance

« Je n’ai tout simplement pas abandonné. J’ai continué à aller de l’avant », raconte Derrald Taylor, un artiste inuvialuit qui a vécu à Tuktoyaktuk, dans les Territoires du Nord-Ouest, jusqu’au début des années 90 et qui réside aujourd’hui à Yellowknife. C’est dans les années 60 qu’il a commencé à s’intéresser à la sculpture : en regardant son père sculpter, en apprenant à ses côtés et en se familiarisant avec les outils à main tout en travaillant le bois de caribou et l’os de baleine. Quand il était jeune, il vendait, avec son frère, des sculptures réalisées par son père à des enseignants et à des fonctionnaires, ce qui leur permettait de gagner de l’argent pour aller au cinéma. Dans les années 70, il s’est davantage consacré à la sculpture aux côtés de son père et de deux autres sculpteurs, Jimmy Jacobson et Philip Raymond. Plus tard, dans les années 80, il a commencé à travailler la stéatite, en sculptant de petits oiseaux qu’il vendait aux groupes de touristes pendant l’été. Peu à peu, il a appris à se servir des outils électriques, à choisir les pierres appropriées et à exploiter tout leur potentiel. 

Bien que Taylor ait fait des études et qu’il ait accepté tous les petits boulots qui se présentaient, la sculpture lui a permis de compléter ses revenus. Dans les années 90, il s’est rendu à des festivals tels que le Great Northern Arts Festival, où il a appris auprès d’autres sculpteurs. À Tuktoyaktuk, ses ventes étaient saisonnières, mais son déménagement à Yellowknife lui a donné accès à des galeries et aux touristes d’Edmonton. Avec d’autres sculpteurs, il a loué un atelier où jusqu’à huit sculpteurs venus de tout le Nord travaillaient ensemble. 

Taylor s’est rendu compte que ses compétences s’amélioraient, alors qu’au début, il avait l’impression qu’elles n’étaient pas suffisantes. Il ne prenait pas les critiques personnellement, mais les transformait en occasion d’apprendre et de s’améliorer. Fort de ses 35 ans d’expérience dans la sculpture de la stéatite, il se consacre désormais au travail minutieux. Les retours qu’il a reçus au fil des années ont fait de lui l’artiste qu’il est devenu et l’ont aidé à affiner son art. « Je ne fais toujours pas partie des meilleurs sculpteurs, et je ne me suis jamais considéré comme tel. J’apprécie simplement ce que je fais, et beaucoup de gens, de collectionneurs et de galeries aiment mon travail », confie-t-il.

Il puise son inspiration auprès d’autres sculpteurs, quel que soit leur niveau, et adore enseigner les bases à ses enfants. Taylor estime que même les sculpteurs débutants ont des choses à lui apprendre, et il ajoute : « Certains sculpteurs ont un talent inné ; ils pourraient réaliser des sculptures aussi réussies que les miennes, même s’ils viennent tout juste de commencer. »

Son conseil aux étudiants autochtones qui envisagent de quitter leur communauté d’origine à la recherche de nouvelles opportunités serait le suivant : « Lancez-vous et saisissez cette chance. Vous ne le saurez jamais si vous ne vous lancez pas, si vous ne saisissez pas cette chance et si vous ne travaillez pas sur vous-même. Concentrez-vous sur vos compétences, concentrez-vous sur vos compétences, et donnez le meilleur de vous-même. »

Déménager à Yellowknife lui faisait peur, mais Taylor savait qu’il pourrait gagner sa vie grâce à la sculpture, et cela l’a aidé à trouver des petits boulots ici et là. Même si les premières années ont été difficiles, tout s’est bien passé au final. Ce déménagement a été son choix le plus important et le meilleur qu’il ait fait. Il insiste sur le fait qu’il existe de nombreuses aides disponibles ; il suffit simplement de surmonter la peur de quitter son foyer, une crainte qui sera toujours présente… « On peut toujours revenir en arrière, mais il vaut mieux tenter sa chance plutôt que de vieillir en se demandant ce qui se serait passé. »

Être artiste n’a pas été sans difficulté pour Taylor, compte tenu du nombre important de sculpteurs et de la multitude d’œuvres d’art qui existent. Avec le recul, il aurait aimé que quelqu’un lui dise : « Tu dois vraiment te dépasser, te concentrer pleinement sur ce que tu vas faire et ce que tu fais, travailler dur, transformer le négatif en positif et persévérer. »

Pour garder son équilibre, Taylor se concentre sur le positif et fait preuve de persévérance. Il cultive son propre style et puise son inspiration dans la nature, les animaux, les gens et la culture. Il s'efforce de ne pas laisser les commentaires des autres sur son art l'influencer au point de s'éloigner de son propre style. Il adore partager son atelier avec d'autres sculpteurs. 

Son conseil à ceux qui se lancent dans la sculpture serait d'apprendre à maîtriser leurs outils et la pierre. Taylor encourage les sculpteurs en herbe à simplement se lancer, sans se focaliser sur la qualité de leur travail, mais plutôt à se concentrer sur le bloc de pierre et à imaginer ce qu'ils souhaitent créer. En avançant progressivement vers le résultat final, le temps et les outils à main agiront de concert pour le révéler. Il insiste sur l'importance de la patience et de la persévérance.

Il a appris à sculpter aux côtés d’autres artisans qui lui ont montré ce dont il était capable ; aujourd’hui, il s’efforce de faire de même en enseignant la sculpture sur stéatite par le biais de l’association « Connected North ». En quittant sa petite communauté pour s’installer dans une grande ville, Derrald Taylor a pu faire découvrir son art à un public plus large et s’est ouvert davantage d’opportunités de collaboration. Des outils manuels aux outils électriques, ses techniques ont évolué depuis ses débuts, mais le fait de prendre son temps et de faire preuve de patience est resté une constante.

Merci à Alison Tedford Seaweed pour la rédaction de cet article.

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Pièces maîtresses

  • Carrière
  • Identité
    Inuit
    ,
    ,
  • Province/Territoire
    Territoires du Nord-Ouest
  • Date
    22 septembre 2026
  • Établissements postsecondaires
    Aucune information sur les études post-secondaires n'est disponible.
  • Guide de discussion
    créer apprendre discuter

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