De la fouille des dinosaures à la découverte de la culture : le parcours de Shannon Tara Kalic au-delà de la paléontologie
« Notre culture nous attend toujours », confie Shannon Tara Kalic, une femme métisse originaire de Winnipeg, membre du clan Otter et des familles Champagne et Legal. D’origine métisse et française du côté de sa mère, et polonaise et ukrainienne du côté de son père, elle a grandi dans un quartier de colons blancs situé juste à la périphérie de Winnipeg. C’est à l’université qu’elle a commencé à se rapprocher des communautés autochtones urbaines et à se reconnecter avec son héritage métis.
Kalic estime que son expérience n'est pas si rare, lorsqu'elle pense à d'autres personnes dont elle a entendu parler et qui ont elles aussi ressenti cet attrait pour la culture à l'âge adulte. Elle recommande de se familiariser avec l'histoire du Canada afin de mieux comprendre sa propre communauté et ses relations avec les colons.
Sur le plan professionnel, Kalic est créatrice de bijoux en perles et animatrice d’ateliers. Son entreprise s’appelle Waabishki Miigwan Creations, un nom qui signifie « plume blanche » en anishnaabemowin. Ce nom est lié à son nom spirituel, à la langue de sa famille de cérémonie, et elle a également des liens anishinaabe dans sa famille. Elle s’est lancée dans la création de bijoux en perles en 2016 et a démarré son entreprise au début de la pandémie. Elle a participé à des ateliers de perlage en ligne et y a trouvé une communauté, des liens et un moyen de s'occuper les mains. Au début, elle pratiquait le perlage à temps partiel en plus de son emploi à temps plein. Il y a un an, elle s'est lancée à plein temps dans son activité, animant des ateliers de perlage et des ateliers éducatifs. Son objectif est de démanteler les stéréotypes, de lutter contre le racisme et d'essayer d'améliorer le monde en général. Elle fabrique des boucles d'oreilles, des colliers et des chapeaux, et elle est complètement passionnée par le perlage.
Même si Kalic adore son métier, ce n’était pas ce qu’elle avait prévu de faire au départ. Depuis son enfance, elle est passionnée par les dinosaures et a même obtenu un diplôme en paléontologie. En participant à des fouilles à la recherche d’ossements de dinosaures et en travaillant dans des musées, elle a poursuivi ses études et obtenu un master en muséologie. Ce programme lui a ouvert davantage de portes pour se rapprocher de la culture et d’autres populations autochtones urbaines. En découvrant les perles dans les musées et en nouant des liens avec des centres culturels gérés par les communautés, elle a fini par se rapprocher davantage de l’art du perlage et de sa propre culture.
Lorsqu’il s’agit de donner des conseils aux jeunes autochtones qui souhaitent quitter leur communauté d’origine pour faire des études ou partir à la découverte du monde, Kalic se souvient de sa propre expérience : elle aussi avait envie de quitter la maison pour vivre des aventures et découvrir de nouvelles choses. À la recherche de ses pairs à l’université, elle a trouvé un lien grâce au Conseil des étudiants autochtones. Elle recommande de trouver sa communauté lorsqu’on est loin de chez soi. Elle note que ce ne seront peut-être pas les premières personnes que l’on rencontrera et qu’il n’y a pas de mal à continuer à chercher jusqu’à ce que l’on trouve des personnes qui nous soutiennent et qui vont dans la même direction. Le fait d’être loin de chez elle l’a également amenée à apprécier davantage son foyer, c’est pourquoi elle est revenue à Winnipeg pour être avec sa famille et poursuivre son cheminement vers le renouement.

Si Kalic pouvait adresser un message à la jeune fille qu’elle était, ce serait de lui dire qu’il n’y a rien de mal à changer d’avis si l’on se rend compte que ses rêves ne correspondent pas à ce qu’on imaginait. Quand elle était plus jeune, elle voulait devenir paléontologue et aujourd’hui, elle voit comment elle met à profit les compétences et la passion qu’elle avait à l’époque dans son travail actuel. Elle aime aussi regarder des films sur les dinosaures comme Jurassic Park. Elle se considère comme une personne aux multiples facettes, une femme un peu geek qui adore les dinosaures, mais aussi une femme qui aime se mettre sur son trente-et-un, qui aime la mode et la culture. « On peut être tant de choses à la fois », conseille-t-elle.
Pour ce qui est de trouver un équilibre et de prendre soin de son bien-être, elle a découvert que la réflexion et le fait de discuter des choses au sein de sa communauté lui faisaient du bien. Elle aime également tenir un journal et écrire, mettant ainsi de l’ordre dans ses pensées sur le papier. Elle considère également qu’il est utile, lorsque c’est possible, de suivre une thérapie, afin de trouver quelqu’un capable d’apporter un regard extérieur pour l’aider à trouver des solutions et à mieux comprendre le monde ainsi que son propre comportement. La méditation, le fait de rester active, une alimentation saine et le repos sont également, selon elle, essentiels au bien-être. Elle considère que la santé mentale, physique, émotionnelle et spirituelle sont liées et constituent des domaines qui nécessitent une attention particulière pour prendre soin de soi. Le perlage l'aide également à ralentir le rythme dans ce monde trépidant.
Pour conclure, elle adresse un message chaleureux aux jeunes autochtones : « Votre communauté, votre peuple, ils sont là, quelque part. Continuez à chercher. Vous avez une raison d’être ici, et vous êtes aimés. »
Après avoir déterré des ossements de dinosaures, elle s'est plongée dans sa culture et s'est passionnée pour l'art du perlage. Sentant l'appel de ses racines culturelles, Shannon Tara Kalic a trouvé sa voie et sa place dans le monde. En partageant ses connaissances et son talent à travers des ateliers et ses créations, elle œuvre pour rendre le monde meilleur grâce à une meilleure compréhension mutuelle.
Merci à Alison Tedford Seaweed pour la rédaction de cet article.
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