Une histoire en images et en chiffres : Philip Paul-Martin nous fait découvrir l'actualité du hockey autochtone
« J’adore être journaliste, j’adore dénicher un sujet », confie Philip Paul-Martin, rédacteur en chef de nativehockeynews.com. Il exerce le métier de journaliste dans la presse écrite, sur Internet et à la télévision depuis des décennies. Il a commencé à couvrir le hockey à l’université en 1998 et a couvert le hockey junior, la Ligue américaine de hockey et la Ligue nationale de hockey en tant que journaliste accrédité. Il a travaillé dans la communication et les relations avec les médias et a récemment rejoint Immigration Partnership Winnipeg en tant que responsable des relations avec les nouveaux arrivants autochtones. Au fil des ans, il a travaillé pour la CBC, Global, le Globe and Mail et le Winnipeg Free Press.
Après l’université, Paul-Martin, en quête de nouveaux défis, s’est mis à rédiger et à soumettre des articles à *Windspeaker* et à *First Perspective*. Il s’est rendu compte qu’il y avait un apprentissage à faire et que les meilleures réponses se trouvaient dans les remarques spontanées des gens. Ce n’était pas l’argent qui le motivait, mais plutôt les personnes qu’il rencontrait au fil de son travail. Il s’est rendu compte que les interviews de joueurs de la LNH étaient loin d’être glamour : il fallait se faufiler entre les vestiaires pour poser quelques questions. Il a découvert que les histoires des gens ordinaires étaient encore plus captivantes et il adorait aller à la rencontre de la communauté pour les dénicher. « Quand on s’intéresse aux gens et qu’on est passionné par ce qu’on fait, cela se voit vraiment dans le type d’articles qu’on rédige : on sent qu’on a fait un effort supplémentaire », explique-t-il.
Côté obstacles, Paul-Martin rencontre des difficultés car il ne tire aucun revenu de ses reportages sur son site. Il espère obtenir des revenus publicitaires afin de pouvoir passer du temps sur la route, se rendre dans différentes villes de la LNH et suivre les espoirs de la ligue. Il lui arrive parfois de se déplacer pour assister à des matchs de hockey à l’université du Dakota du Nord ou à Fargo, dans le Dakota du Nord, pour des rencontres de l’USHL. D’autres fois, il se rend à Brandon pour des matchs de la Ligue junior de hockey.
Il ajoute : « Ce qui va surtout anéantir vos rêves, c’est le doute et le fait de rester enfermé dans vos pensées. » Paul-Martin recommande aux futurs chefs d’entreprise de se tourner vers des mentors pour obtenir des conseils. Il lui arrive parfois d’avoir du mal à se concentrer et d’être en proie au doute. Il lui arrive aussi de ne pas être traité avec autant de respect que d’autres journalistes, même s’il est plus expérimenté. Il se rappelle alors ses qualifications et se dit : « J’ai créé mon propre média, je travaille pour moi, je travaille pour notre communauté… Je refuse de courir après la reconnaissance des autres et j’en suis fier… et je pense que mon travail parle de lui-même. » Il reconnaît également : « Si j’existe, c’est que je suis à la hauteur, et cela donne aux autres la permission de faire de même, quel que soit leur domaine d’activité. »
Il ne se compare plus aux autres et connaît sa place sur le marché. « J’ai une voix de commentateur qui se classe parmi les 10 % des meilleures en Amérique du Nord. Ma voix est vraiment de ce niveau-là. Bien sûr, beaucoup de gens diront que c’est égocentrique. Non, ce n’est pas le cas. C’est se démarquer et s’affirmer », affirme Paul-Martin. « Cela ne sert à rien à notre communauté de se rabaisser et de faire preuve d’humilité. Si nous voulons faire tomber les barrières, nous devons nous affirmer et nous faire entendre », poursuit-il. Il fait également ce qu’il fait par amour du sport et se consacre corps et âme à la recherche et à l’observation minutieuse.

Pour préserver son équilibre mental, Paul-Martin profite de ses soirées de repos pour se reposer davantage. Il fait régulièrement de l’exercice : musculation et randonnées en été. Pendant l’intersaison, il fait une pause dans le hockey et se consacre à d’autres centres d’intérêt, passant du temps avec sa famille et ses amis. Plus jeune, il a souffert d’épuisement professionnel et il essaie aujourd’hui d’éviter que cela ne se reproduise. Il éprouve un profond désir d’aider son peuple et de se rendre utile, et l’amour du hockey est l’un des moyens qu’il a trouvés pour créer des liens. « C’est plus qu’un simple jeu pour notre pays. C’est plus qu’un simple jeu pour notre peuple », explique-t-il, en pensant au respect supplémentaire dont il bénéficie en tant que journaliste connaissant bien ce sport et de la part de personnes qui apprécient d’avoir un point de vue autochtone sur le hockey.
En matière d’inspiration, Paul-Martin puise sa motivation dans le fait qu’il accomplit, en tant qu’Autochtone, quelque chose que personne d’autre ne fait. Il adore raconter des histoires et montrer aux gens : « Oui, nous pouvons y arriver. » En repensant aux moments historiques auxquels il a assisté, il se souvient : « Ça a été une expérience palpitante. Ça a été un privilège. » Il a révélé en exclusivité, avant même la CBC, TSN, Sportsnet et le Winnipeg Free Press, la nouvelle du retour des Jets de Winnipeg, ce dont il est très fier.
Son conseil aux jeunes autochtones qui ont du mal à s’exprimer en public est de trouver un club Toastmasters local pour apprendre à parler en public et s’entraîner. « Plus on travaille sur des choses qu’on n’aime pas faire, plus on va s’améliorer, plus on va devenir forts », insiste Paul-Martin. Il recommande également de se mettre dans des situations où l’on doit parler aux gens. Il ajoute : « Vouloir quelque chose ne suffit pas. Il faut trouver un moyen de travailler ces compétences de manière répétée. » Même consacrer chaque jour un peu de temps, qui aurait autrement été passé à faire défiler les réseaux sociaux, pourrait avoir un impact sur le développement de ces compétences.
En réfléchissant à son propre parcours de journaliste, Paul-Martin confie : « Quand on a la passion de raconter ces histoires… on trouve le moyen de bien faire les choses, et on finit par surmonter son trac au fil de sa carrière. Il y aura bien sûr des moments où l’on doutera de soi, mais si l’on prend l’habitude de faire ce qu’il faut jour après jour, ces bonnes habitudes nous aideront à traverser ces moments difficiles… »
En encourageant les jeunes autochtones à exceller dans tout ce qu’ils entreprennent, il déclare : « Peu m’importe le métier que les gens choisissent : que vous soyez infirmier, médecin ou autre, nous avons besoin de vous, notre peuple a besoin de vous au sein de la communauté. Ils ont besoin de vous pour faire bouger les choses au niveau national, au niveau provincial, dans tous les domaines… Devenez un enseignant qui fait la différence… Si vous voulez devenir soudeur… les vingt prochaines années seront une période formidable pour les Canadiens qui souhaitent exercer un métier manuel… Devenez le meilleur artisan possible… Vous allez littéralement participer à la construction d’une nation… Si nous montrons aux autres que c’est possible, alors nous leur permettons de le faire. »
Par amour du hockey et pour le frisson que procure l'actualité sportive, le journaliste spécialisé dans le hockey Philip Paul-Martin partage ses analyses sur son propre site d'actualités consacré à ce sport. Bien qu'il ait publié des articles dans des médias grand public, c'est en tant que journaliste indépendant qu'il a trouvé sa voie, en dévoilant des informations que personne d'autre n'avait révélées et en démontrant tout son talent. Attiré par le défi et fidélisé par les gens, il montre ce qu'il est possible d'accomplir quand on aime ce que l'on fait.
Merci à Alison Tedford Seaweed pour la rédaction de cet article.
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