Créer un collectif communautaire : Stacey Drygeese Sundberg propose un service traiteur axé sur les liens humains
« Nous surmontons un traumatisme intergénérationnel. Nous sommes là, nous agissons, nous essayons de nous construire une vie meilleure, pour nous et pour nos enfants », déclare Stacey Drygeese Sundberg. Elle est membre de la Première Nation des Dénés de Yellowknives ; elle a grandi à Dettah et a terminé ses études secondaires à Yellowknife.
Après avoir suivi une année d’études autochtones à l’Université de l’Alberta, Sundberg a pris conscience qu’elle devait rentrer chez elle pour aller à la rencontre de ses aînés et des gardiens du savoir traditionnel afin d’apprendre à leurs côtés. Elle a également compris à quel point les entreprises autochtones étaient indispensables et, lorsqu’elle a commencé à travailler pour NWT Literacy, l’organisation menait déjà un projet d’entreprise communautaire.
L'entreprise qu'ils ont choisi de créer était un projet de café et de restauration à Dettah, et Sundberg s'est chargée de ce projet au sein d'un collectif communautaire détenu et géré par des autochtones, dont le nom signifie « Ça a bon goût ». Dans le cadre de ses fonctions, Sundberg embauche des membres de la communauté pour cuisiner lors de différentes prestations de restauration, partageant ainsi avec la communauté les revenus générés par ces projets.
En repensant à ses années à l’Université de l’Alberta, où elle étudiait les études autochtones, Sundberg s’est souvenue que le programme mettait fortement l’accent sur les Premières Nations du Sud, principalement les Cris, et sur les traités, tout en omettant son propre peuple ou en utilisant des ressources qui en donnaient une image déformée.
En réfléchissant à sa décision de rentrer chez elle pour apprendre auprès de ses aînés, Sundberg explique : « J’avais besoin d’être entourée de Dénés, simplement d’être dans la brousse, de boire du thé de la brousse et de manger du bannock. » Ce retour a ouvert de nouvelles perspectives, comme la possibilité de participer à l’entreprise de restauration. « Sans savoir où cela allait me mener, je me suis dit que j’allais simplement tenter l’expérience », confie-t-elle.

Lorsqu’on lui a demandé quels conseils elle donnerait aux étudiants autochtones qui quittent leur communauté d’origine à la recherche de nouvelles opportunités, Sundberg a ri et a répondu : « Appelez-moi si vous avez besoin de viande séchée ou de poisson. » Être loin de ses aliments traditionnels a constitué un véritable défi lorsqu’elle était dans le Sud pour ses études universitaires, sans compter l’éloignement de sa famille, de ses amis et de son environnement familier. Elle insiste sur l’importance de disposer d’un solide réseau de soutien lorsqu’on est loin de chez soi, que ce soit par le biais d’appels vidéo avec ses proches ou en participant ou en faisant du bénévolat dans le cadre d’activités autochtones locales au sein de sa nouvelle communauté.
En ce qui concerne les obstacles, Sundberg s’est rendu compte qu’elle avait réussi à surmonter de nombreux défis grâce à sa langue et à sa culture, mais aussi en sachant qui elle était. Elle encourage à affronter les difficultés de front, en s’appuyant sur un solide réseau de soutien et en demandant conseil aux aînés et aux tantes. Elle s’efforce d’être le genre de personne dont elle aurait eu besoin lorsqu’elle grandissait, afin de guider la prochaine génération.
Avec le recul, Sundberg aurait aimé que quelqu'un lui conseille de s'intéresser davantage à sa langue et à sa culture (et de ne pas abandonner l'école !). Elle aurait également aimé qu'on lui conseille de participer davantage aux réunions de famille et aux événements communautaires.
Pour préserver son équilibre mental, Sundberg va se promener dans la nature. Elle accorde beaucoup d’importance à son réseau de soutien, tout comme à la natation et aux séances de sauna. Les longues promenades, l’écoute de musique et les soirées de danse du tambour lui ont également été bénéfiques.
En matière d'inspiration, Sundberg puise son inspiration auprès de sa mère, de sa grand-mère, de ses tantes et des mères de ses amis, qui ont su être à ses côtés dans les moments difficiles. Elle admire la façon dont elles ont perpétué leur langue, leur culture et leurs traditions.
Après avoir fait ses études à l’université, Stacey Drygeese Sundberg a pris conscience qu’elle devait apprendre auprès des gardiens du savoir de sa communauté et est revenue chez elle. Aujourd’hui à la tête d’un collectif de restauration communautaire détenu et géré par des Autochtones, elle partage ses richesses et nourrit les gens avec joie. À l’image du nom de leur collectif, elle trouve que travailler ensemble « a bon goût ».
Merci à Alison Tedford Seaweed pour la rédaction de cet article.
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